Du roman… au film !

Ça faisait un petit moment que je voulais mettre en place ce nouveau rendez-vous. Voilà chose faîte !

Hier soir, j’ai regardé l’adaptation cinématographique du grand classique de la littérature anglaise, Orgueil et préjugés de Jane Austen, réalisée par Joe Wright et sortie en 2005.


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Vous connaissez sûrement toutes et tous cette histoire devenue à présent universelle mais je vais tenter de résumer l’intrigue du film avec mes mots.

La famille Bennet est composée d’un père aimant, d’une mère souffrant de ses « nerfs » et de cinq filles toutes aussi différentes les unes que les autres. Jane est sûrement la plus belle, elle est douce, agréable, et ne manque jamais de dire un mot gentil à tous ceux qui la rencontrent. Elizabeth, l’héroïne, contraste beaucoup avec sa sœur. Elle est certes jolie mais n’a pas sa langue dans sa poche. Amoureuse de la lecture et de la sincérité des sentiments, elle se montre franche voir parfois désobligeante avec ceux qu’elle juge le plus sévèrement. 

Les autres sœurs, moins importantes, sont encore jeunes et naïves. Elles feront parfois honte à la famille lors des bals et provoqueront également l’infortune de leur mère. 

Tout ce petit monde vit dans une maison confortable mais modeste, dans le Herfordshire. Un beau jour, on apprend qu’un riche célibataire, M. Bingley, vient d’emménager dans le voisinage et qu’il a bien l’intention de trouver une épouse digne de lui. Mme Bennet se met alors en tête qu’une de ses filles serait la parfaite prétendante. Les voilà toutes lancées dans cette aventure tandis qu’Elizabeth fait la rencontre de Darcy, un sombre personnage ternit par son orgueil et son silence buté. 

Pour structurer cet article, je vais prendre plusieurs points, sortes de ponts entre le roman et le film que je vais comparer, analyser et interpréter.

Le personnage d’Elizabeth Bennet

 

Il y a une chose importante à souligner et qui me permettra d’argumenter cette analyse: le film est très fidèle au roman, presque mot pour mot. Evidemment, le rythme est nettement accéléré (peut-être trop…) mais les dialogues et les traits de caractères des personnages sont identiques à ceux de Jane Austen.

J’avais beaucoup apprécié le personnage d’Elizabeth dans le roman, elle m’avait inspirée par ses qualités spontanées et par son esprit vif. Dans le film, Elizabeth, interprétée par Keira Knightley, est tout autant vivante et pétillante. L’actrice interprète à la perfection les petites mimiques d’Elizabeth que nous imaginons aisément lors de la lecture, et donne, grâce à sa beauté, une dimension plus féminine et plus sensuelle au personnage.

Mon moment préféré : Lors du bal organisé par Bingley, Elizabeth surprend les propos de M. Darcy à son sujet. Lors de leur rencontre, elle lui renvoie à la figure une réplique devenue culte à mes yeux et la réaction de M. Darcy est encore plus satisfaisante !

Le personnage de M. Darcy

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Interprété par Matthew Macfadyen

Bon, je l’avoue, le personnage de M. Darcy est définitivement excellent. Réticente au début de ma lecture quant à son côté coincé et terne, l’adaptation a su me convaincre de la profondeur sentimentale et psychologique du personnage.

L’acteur est antipathique et c’est précisément l’objectif mais les répliques, réchauffées par l’interprétation, ont beaucoup plus de sens à mes yeux et je comprends enfin l’engouement que M. Darcy provoque depuis son invention. Sa classe ultime, entre le british et les difficultés relationnelles en font un personnage humain et intriguant. Cela dit, il pourrait tout de même sourire un peu plus et placer quelques bonnes blagues, histoire de détendre l’atmosphère…

L’humour

Orgueil et préjugés est connu pour son humour piquant et réfléchi. J’avais un peu peur de découvrir un film uniquement basé sur la romance des deux héros mais finalement, j’ai tout de même bien rigolé !

Comme les personnages sont très fidèles au livre, Mme Bennet est ridicule, M. Collin est malaisant, Bingley est formidablement à côté de ses pompes et Elizabeth excelle dans l’art de clasher avec élégance et esprit.

 

Outre le caractère naturel de tous ces personnages, les scènes burlesques s’enchaînent rapidement donnant au film une allure de comédie romantique, sans pourtant tomber dans le cliché excessif de l’humour anglais. Pas de chute, peu de courses-poursuites mais plutôt des ambiances lourdes de sous-entendus et surtout beaucoup de répliques cinglantes et meurtrières. Bref, un pur régal pour l’esprit !

Les décors

J’ai beaucoup aimé les décors du film, en particulier la maison des Bennet. Cosy, familiale et campagnarde, la battisse respire de vie et s’ouvre, grâce à de grandes fenêtres, sur le monde que les sœurs Bennet se plaisent à contempler.

Dans le roman, le manque de moyens de la famille Bennet est souvent mis en avant mais j’ai apprécié que le film, tout en contrastant entre les différentes classes sociales, choisisse de dépeindre une vie familiale simple et joyeuse.

 

De plus, la campagne anglaise tient une place importante dans le roman comme dans le film. Aimant la marche à pieds, Elizabeth parcourt les kilomètres séparant les domaines de son voisinage. Puisant son romantisme dans des décors de nature sauvage et dans des ambiances tantôt lumineuses tantôt pluvieuses, le film rend hommage à l’esthétisme du roman et à la beauté naturelle de l’époque.

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Cette adaptation du roman Orgueil et préjugés est selon moi très réussie. Bien que le rythme rapide occulte quelques détails à mes yeux importants, l’histoire reste très fidèle surtout au niveau des dialogues. En effet, ils ont été conservés presque mots pour mots et donnent à ce film une petite touche de lourdeur stylistique propre à Jane Austen.

Le choix d’acteurs est bon, Keira Knightley interprète une Elizabeth lumineuse et vibrante tandis que Matthew Macfadyen joue l’indifférence comme personne.

Un film plein de légèreté reprenant un grand classique, parfait pour les amateurs de lyrisme, de dialogues chargés de sous-entendus et de regards lourds de sentiments passionnés !


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Lecture commune #1 : Fendre l’armure, Anna Gavalda

Je suis très heureuse de vous présenter la toute première lecture commune que j’ai faîte avec mon amie blogueuse Anaïs ! Nous avons élaboré un questionnaire que nous reprendrons pour chaque lecture commune, j’espère qu’il vous plaira ! N’hésitez pas à vous joindre à nous pour nos prochaines lectures, nous vous tiendrons au courant sur les choix à venir !

 Pour cette grande première, nous avons choisi Fendre l’armure d’Anna Gavalda. 


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Pourquoi ce livre était-il dans ta PAL ?

Je ne sais pas pourquoi, mais je voulais absolument découvrir cette auteure par ce livre là en particulier. Pourtant, je possède Ensemble, c’est tout dans ma PAL depuis un bon bout de temps mais rien à faire, il fallait que je lise Fendre l’armure en premier. J’avais en fait lu la deuxième de couverture dans un super-marché et l’alchimie a opéré…

J’ai mis quelques temps à le trouver d’occasion mais je suis enfin tombée dessus dans une bouquinerie !

Pourquoi l’avoir choisi pour cette lecture commune ?

Mon amie Anaïs et moi avons donc eu envie de faire une lecture commune. On a du se mettre d’accord parmi les milliers de livres de nos PAL respectives mais étrangement, ce livre là s’est imposé à nous un peu comme une évidence. Auteure ayant fait ses preuves, petite taille de ce livre aux gros caractères… bref, c’est tout ce qu’il nous fallait !

(Je m’excuse pour ce changement de police, c’est un bug, je n’ai rien pu y faire !)

As-tu accroché dès la lecture du résumé ? Dès les premières pages ? Plus tard ? Pas du tout ?

Ce livre n’a pas de résumé et ça, ça me plaît déjà ! J’aime me plonger dans l’inconnu et découvrir un univers que rien n’annonce avant la lecture du livre. Le rythme dynamique, le style jeune et expéditif m’ont très vite séduite et je pense que je n’ai même pas eu le temps de me lasser puisque j’ai dévoré ce livre d’une traite !

Que ressens-tu lorsque tu regardes la couverture de ce livre ?

Je crois que c’est justement ça qui m’a donné envie de lire ce livre. J’avais remarqué l’absence de majuscule, de style, de dessin… Il y a simplement une texture balafrée, comme un tissu déchiré entre la faille et la suture. Malgré la simplicité de cette couverture, je ressens beaucoup d’émotions quand je l’observe. L’aspect de la déchirure m’inspire à la fois de la brutalité, de la colère et une certaine rage mais également une grande douceur, comme une volonté de faire avec. Après la lecture, l’impression est encore plus forte !

As-tu eu l’impression de sortir de ta zone de confort pendant cette lecture ? Pourquoi ?

Je n’ai pas forcément eu l’impression de sortir de ma zone de confort mais il est clair que cette lecture s’est nettement distinguée des autres. J’ai l’habitude de lire des romans de vie tels que celui-ci mais il est également très rare que j’en ressente de telles émotions. C’était plutôt comme une expérience de lecture unique, en adéquation avec mon genre littéraire préféré.

As-tu pu, pendant cette lecture, faire un lien avec ton histoire personnelle ou bien t’identifier à l’un des personnages ? Développe si possible.

J’ai été très touchée par l’ensemble des nouvelles du livre. Pourtant, il est certain que j’ai pu faire des liens avec mon histoire et ma propre personnalité à quelques passages. Par exemple, au début de Happy Meal, je me suis reconnue dans le personnage féminin ! Je ne peux hélas en dire plus sans rien dévoiler mais je me suis vraiment vue à travers cette petite histoire tout simple. 

Y’a-t-il un personnage que tu n’as pas du tout aimé ? Ou au contraire, que tu as adoré ? Explique pourquoi.

Il n’y a pas forcément un personnage que je n’ai pas aimé, mais plutôt certains qui ne m’ont pas inspirés autant que les autres. Pour en citer un, je n’ai pas particulièrement accrochée au personnage masculin de la nouvelle Un garçon. J’ai beaucoup plus apprécié les deux autres filles présentes dans l’histoire mais celui-ci m’a semblé plutôt vide, antipathique et un peu trop mou !

As-tu été déçue à un moment précis pendant ta lecture ?

Déçue, non. Songeuse, oui ! Je pense que l’auteure a fait exprès de terminer certaines nouvelles d’une façon assez brutale, en nous laissant sur notre faim. On pourrait se sentir frustré mais finalement, cela invite plus à la réflexion et à l’imagination. C’est en quelques sortes à nous de construire la suite de l’histoire et j’aime beaucoup cet aspect particulier du livre.

Après, il y a des histoire qui m’ont moins plu que les autres et encore une fois je pourrais citer Un garçon.

Peux-tu faire un rapprochement entre ce livre et un autre livre de ta bibliothèque ?

Les romans composés de nouvelles sont de moins en moins rares dans ma bibliothèque et je peux faire le lien entre ce livre et celui de Eric-Emmanuel Schmitt, La vengeance du pardon. Il s’agit également de courtes histoires, mettant en scène des gens lambda qui traversent des moments particuliers. Bien que le thème du pardon soit omniprésent dans le livre de Schmitt, je pense que j’ai ressenti des émotions semblables pendant ces deux lectures.

Quel a été ton passage préféré ? Explique pourquoi.

J‘ai eu plusieurs préférés dans ce livre, dont la nouvelle Happy Meal ! Pour en citer un autre, je dirais qu’il se trouve dans Mes points de vie.

J’ai beaucoup aimé le passage où toute la famille se retrouve à table, le soir. Valentin, le petit garçon héro de l’histoire, semble très affecté par la journée qu’il vient se passer et c’est son grand frère qui met en lumière la vérité, avec sa naïveté d’enfant et son autorité d’aîné ! A ce moment là, le petit Valentin craque… La scène peut sembler triste mais personnellement, j’ai plus ressenti de la nostalgie que de la tristesse. Ce genre de petites scènes arrivent souvent dans les familles nombreuses quand les enfants grandissent ensemble ! D’ailleurs, le père observe la scène avec bienveillance et amour… il en a l’habitude !

Quelles ont été les trois émotions dominantes ressenties lors de cette lecture ?

L’empathie : Tous ces gens font partis de la vie quotidienne. Ce sont des personnages mais nous les connaissons tous et ils font même parfois parti de nous. Je me suis sentie très proche d’eux et j’ai ressenti une certaine compassion universelle.

La joie de vivre : Tout simplement ! Anna Gavalda honore les petits bonheurs de la vie quotidienne ainsi que leur fragilité et leur aspect éphémère.

La vulnérabilité : En effet, ces petits moments de vie ne peuvent durer. La fin, la mort et le changement sont également abordés dans le livre et cela m’a permis de réfléchir sur la notion « temporelle » du bonheur. Hélas, tout peut arriver et il donc important de saisir le moindre moment de joie et de l’accueillir à bras ouvert !

Est-ce plutôt un livre pour réfléchir/apprendre/s’évader/espérer ?

Comme je l’ai dit un peu plus haut, la fin brutale de certaines histoires nous invitent à la réflexion quant à leur suite. De plus, je trouve que malgré la simplicité apparente du livre, nous avons beaucoup à apprendre de ces personnages. Tous font preuve de courage, d’une volonté implacable de vivre malgré tout et de faire avec, en se nourrissant du bonheur parfois dissimulé de leur vie quotidienne. J’ai également pu en effet m’évader dans la vie des autres tout en remarquant un reflet avec la mienne. Les histoires de vie ont ce pouvoir là et nous permettent d’espérer, de nous inspirer du courage et de continuer à avancer tous ensemble.

Je conseillerais ce livre à tous ceux qui traversent temps-morts et difficultés car je pense vraiment qu’il peut nous aider à retrouver une certaine rage de vivre.

En quelques mots, résume ton impression sur ce livre.

Tout d’abord, j’ai vraiment bien fait de découvrir l’auteure avec ce livre ! J’ai énormément apprécié ce moment de lecture qui fut riche en émotions et ça faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas autant inspiré sur l’être humain dans toute sa splendeur. Véritable lien entre la fiction et notre propre histoire, ces quelques nouvelles nous redonnent espoir et courage pour cette grande bataille qu’est la vie.

Sans aucune hésitation, je peux affirmer que Fendre l’armure rejoint mes coups de cœur de l’année 2018 ! Cela dit, j’espère que les autres romans de l’auteure sauront autant me convaincre.


 

8/10

J’ai perdu Albert, Didier van Cauwelaert

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« Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. »
Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein…
Dans une comédie romantique haletante où la spiritualité s’attaque aux enjeux planétaires, Didier van Cauwelaert invente avec bonheur une nouvelle forme de triangle amoureux.

Ma chronique

Lecture flash, comme un si soudainement jaillissait une idée brillante. C’est le premier livre que je lis de cet auteur pourtant bien connu après Jules et Le retour de Jules, et j’ai passé un très bon moment avec cette histoire tirée par les cheveux ! J’en remercie le service de presse qui m’en a fait bénéficier.

Tout en prétextant une histoire d’amour, l’auteur rend hommage à Albert Einstein de façon inédite en l’incorporant au roman sous la forme d’un esprit farceur et notamment squatteur. Cette aventure loufoque voir parfois carrément burlesque nous donne matière à réfléchir quant à l’intégrité d’un génie dans une époque bouleversée par de fortes tensions diplomatiques.

En effet, alors que l’histoire se déroule dans un présent bien contemporain avec des personnages modernes, le passé d’Einstein revient beaucoup sur le tapis et nous plonge au cœur d’un paradoxe quasi spatio-temporel. Pourquoi un mort, accessoirement connu pour quelques découvertes historiques, voudrait-il continuer à vivre à travers le corps de quelqu’un d’autre ? En rendant hommage à notre cher Albert, l’auteur remet en lumière son passé tumultueux, sans cesse ballotté entre la reconnaissance générale et l’hypocrisie, entre le statut de génie du siècle à celui de clown, victime de sa folie intellectuelle l’ayant conduit à élaborer l’arme du siècle.

Nous avons réellement l’impression de rencontrer Albert Einstein à travers ce roman qui est à la fois drôle et grinçant. L’incompréhension qu’a suscité cet homme, les mensonges qui l’ont sali… tout est à présent bien plus clair et nous pouvons dire que finalement, il n’y a pas d’homme peu adapté à son siècle mais plutôt un siècle peu adapté à un esprit extraordinaire.

Albert est donc revenu, plein d’amertume envers les hommes et surtout prêt pour en finir une bonne fois pour toute ! Il ne supporterait pas disparaître alors que ces travaux restent inachevés et même erronés. Opportuniste susceptible, Albert saura se montrer utile surtout quand il s’agit de provoquer une rencontre amoureuse ! Entremetteur, notre cher Albert ? Avec lui, ça passe ou ça casse !


 

7/10

Gatsby le magnifique, F.S Fitzgerald

A l’occasion de ma troisième lecture du livre, je voulais publier sur le blog une chronique que j’avais rédigé il y a maintenant 2 ans !


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Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby.
Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu’il génère, est réputé pour les soirées qu’il donne dans sa somptueuse propriété. L’opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C’est pourquoi l’illusion ne peut être qu’éphémère. 
Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées.
Ce roman visuel qui se décline dans des tons d’or, de cuivre et d’azur, s’impose également comme la chronique d’une certaine époque vouée, telle la fête qui porte en elle son lendemain, à n’être magnifique que le temps d’un air de jazz.

Ma chronique

« – Gatsby ? Quel Gatsby ?  »

La réplique de Daisy donne le ton. Gatsby le magnifique n’existe pas seulement dans l’imagination de l’auteur. Gatsby respire dans le cœur de toutes les femmes, qui comme Daisy, se sont retrouvées au moins une fois dans leur vie aspirées par le passé.
Qui est Daisy ? C’est elles, c’est nous. Elle n’est pas une figure féminine puissante comme Madame Bovary ou comme Anna Karénine. Non, Daisy tremble, pleure et ne réfléchit pas avant de parler. C’est un oiseau maigre et craintif, une petite créature trop éprise de liberté et d’argent pour comprendre qu’elle n’a qu’un mot à dire pour être enfin libre.

Aucun des personnages du roman incarne un rôle remarquable. Ce sont des maris infidèles, des femmes infidèles, des écrivains ratés, des escrocs, des imposteurs. Mais le plus grand des imposteurs, avec ses faiblesses de cœur, son complexe social et son immaturité sentimentale représente pourtant à lui seul tout le rêve d’une femme et de toutes les autres. Gatsby fait revivre son passé et le notre et nous rappelle toute la force d’un unique espoir dans la vie d’un homme, destiné à une existence médiocre.
L’espoir terriblement banal que de reconquérir un amour de jeunesse surpasse la tragédie de l’histoire. Comment éviter le drame quand tout gravite autour du personnage frêle qu’est Daisy ?
Car c’est Daisy qui donne le premier coup. En disant je t’aime sans dire je t’aime, elle met en marche la machine infernale du destin. Mais malgré le tableau macabre à la fin du roman, nous n’avons qu’une seule envie, une fois le livre refermé : y croire.


 

10/10

Quelques nouveautés intéressantes…

Je ne suis pas une grande adepte du rendez-vous In my Mailbox mais j’aime de temps en temps vous parler de quelques nouveautés. Voici une petite sélection des nouveaux arrivants qui ont pris place dans mes étagères !

PS : Tous les 10/18 m’ont été donné !


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Mille soleils splendides, Khaled Hosseini

Forcée d’épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l’arrivée sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quatorze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille. 
D’abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan. 
Mais parviendront-elles jamais à s’arracher à cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs « mille soleils splendides »? 


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La Cuisinière, Mary Beth Keane

Immigrée irlandaise courageuse et obstinée arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle, Mary Mallon travaille comme lingère avant de se découvrir un talent caché pour la cuisine. Malheureusement, dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde, et certains en meurent. Mary, de son côté, ne présente aucun symptôme de la maladie. Au contraire, sa robustesse est presque indécente. Des médecins finissent par s’intéresser à son cas, mais la cuisinière déteste qu’on l’observe comme une bête curieuse et refuse de coopérer. Pourquoi la traite-t-on comme une malade alors qu’elle est en parfaite santé ? Les autorités sanitaires, qui la considèrent comme dangereuse décident de l’envoyer en quarantaine sur une île au large de Manhattan. Commence alors pour Mary Mallon, femme indépendante, un combat à armes inégales pour sa liberté…


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Occupe-toi d’Arletty ! Jean-Pierre de Lucovich

1942. Qui envoie des petits cercueils et des lettres de menaces à Arletty ? La résistance ? La vedette d’hôtel du Nord vit une histoire d’amour avec un officier allemand, et ne s’en cache pas. Est-ce lui qui est visé ?
Appelé à son secours, Jérôme Dracéna, un ancien flic de la Crim devenu déctective privé, va enquêter dans le Paris de l’Occupation et découvrir que les auteurs des menaces ne sont pas ceux qu’il croyait.
Des boîtes de Pigalle au Fouquet’s en passant par le fameux One Two Two et les cocktails du « gratin » de la collaboration, Jérôme fait des rencontres à haut risque : Henri Lafont, le chef de la Gestapo française de la rue Lauriston à l’amitié encombrante…


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Délivrances, Toni Morrison

Dans son onzième roman, qui se déroule à l’époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.
Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge – à autrui ou à elle-même – et du fardeau de l’humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l’avenir avec sérénité.


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Au Revoir Là-Haut, Pierre Lemaitre

Sur les ruines du plus grand carnage du XX° siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts…
Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.
Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

J’ai très hâte de le lire pour pouvoir voir le film, il a l’air magistral !


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D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan

« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser. »
Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d’une époque fascinée par le Vrai.

Après mon IMMENSE coup de cœur pour Rien ne s’oppose à la nuit, j’ai absolument envie de découvrir l’ensemble de la bibliographie de cette auteure. J’avais lu No et moi il y a quelques années, j’avais beaucoup apprécié. Encore une fois, j’ai hâte de lire ce livre pour pouvoir voir le film !

Le monde selon Britt-Marie, Fredrik Backman

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Britt-Marie, 63 ans, n’est absolument pas passive-agressive. C’est juste que la crasse, les griffures et les tiroirs à couverts rangés n’importe comment la font hurler intérieurement. Elle sort tout juste d’un mariage et d’une vie de femme au foyer qui ont duré quarante
ans, et le seul travail qu’elle ait pu dégoter la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s’étire le long d’une route où tout est fermé, en dehors d’une pizzeria qui empeste la bière. Britt-Marie déteste le football, or il ne reste rien d’autre à Borg. Voilà qui ne présage pas grand-chose de bon.
Mais quand les enfants de l’équipe du village ont si désespérément besoin d’un coach qu’ils sont prêts à confier le boulot à n’importe qui, que Britt-Marie ne soit ni compétente, ni volontaire n’empêche personne de la recruter! Et quand, sur ces entrefaites, Britt-Marie accepte l’invitation à dîner d’un policier et se fracture la main dans un solarium, elle ne peut plus faire machine arrière. 

Ma chronique

Entre deux grosses lectures, je voulais me détendre avec une histoire simple et drôle. Je me suis donc laissée tenter par Le monde selon Britt-Marie de Fredrik Backman, pensant découvrir une petite comédie bien loufoque.
A première vue, il s’agit bel et bien d’une comédie loufoque. le personnage de Britt-Marie est très caricatural et l’ambiance un peu clichée mais peu à peu, alors que l’histoire se dévoile, l’émotion et la sensibilité prennent une place importante dans le roman.
Bien plus complexe qu’il n’y parait, le personnage de Britt-Marie en devient très touchant et nous inspire, après un certain agacement, beaucoup de sympathie et de compréhension.
L’intrigue est simple mais très humaine, c’est une histoire qui nous fait autant sourire que réfléchir sur plusieurs valeurs telles que l’amitié, la volonté, l’espoir ou encore sur des sujets bien plus lourds tels que la mort et la trahison.
Les autres personnages, malgré leur caractère bien trempé, sont tous très attachants et c’est avec un léger regret que je termine cette lecture étonnante, pleine d’humour et d’émotions.


 

7/10

Comment se protéger des ondes négatives 2.0

Sur l’ancienne version de mon blog, j’avais posté un article qui offrait quelques clés afin de se protéger de la négativité des autres. Voici donc cet article dans une nouvelle version revue et corrigée !


Nous sommes sans cesse en interaction avec autrui. Nos journées sont rythmées par les échanges plus ou moins agréables et nous sommes en permanence confrontés à l’humeur des autres. Malheureusement, bon nombre de personnes intériorisent les difficultés de la vie et ceci se répercute sur leur comportement. Agressivité, visage fermé, méchanceté, les gens sont hélas transpercés d’émotions négatives et leur frustration nous éclate en plein visage. Il est utopique de penser que nous pouvons faire entendre raison à tous les gens désagréables mais il  existe plusieurs moyens pour se protéger de leurs ondes néfastes.

Apprendre à s’aimer soi-même

Tout d’abord, pour se protéger des autres, il faut se protéger de ses propres pensés. Il est primordiale d’avoir une bonne estime de soi dans n’importe quelle situation. Apprenez tout d’abord à être tolérant avec vous-même : vous avez le droit de ne pas être content. Soyez persuadé que ce n’est pas vous qui n’êtes pas adaptés au monde qui vous entoure, mais plutôt que vos attentes se heurtent aux aléas de la vie et à l’échec.
Personne n’a le droit de vous dévaloriser. Être quelqu’un qui se respecte est suffisamment instructif pour ne pas laisser les autres juger vos valeurs. Si vous vous sentez injurié par quelqu’un, rappelez vous que vous êtes vous et que personne ne connaît les efforts que vous faîtes. L’insulte est proférée par celui qui ne connaît pas.
Pourtant, il est possible de tirer profit des plus mauvais discours à votre sujet. Sachez que ce qui n’est pas apprécié par autrui provient le plus souvent une simple incompréhension. Cultivez la chance de ne pas être dans la norme et soyez fier de provoquer l’étonnement : les gens les plus ouverts acceptent tandis que les plus fermés ne cherchent même pas à comprendre.
Vous devez donc apprendre à ne pas vous laisser influencer par les avis négatifs et aliénants, rarement à l’origine de véritable haine mais plutôt d’incompréhension.

Ne pas se soumettre à la négativité que les autres imposent

Armé de votre estime et de votre confiance en vous, votre combat pacifique consiste à ne jamais vous soumettre à la négativité que les autres imposent.
Quelqu’un en colère est quelqu’un à plaindre : personne n’aime être animé par ce sentiment incontrôlable. Pourtant, il est plus facile de céder à l’énervement que d’essayer de le surmonter. Vous comprenez donc qu’une personne fatiguée nerveusement et bornée ne résistera pas longtemps à l’agacement. C’est son choix purement personnel.
Quand à vous, il est impensable que vous vous soumettez à cela : refusez d’être contaminé par la colère d’autrui. Préférez votre calme et votre sérénité et profitez de votre bonne humeur imperturbable.
Les gens dégageant des ondes négatives sont donc très nombreux. Il serait pourtant illogique de les détester.

Apprendre à voir au delà des apparences et à comprendre les motivations de chacun

Tout sentiment négatif provient de quelque chose de négatif. Cela peut paraître trop logique pour être dit mais c’est hélas souvent oublié.
Prenons en exemple la malveillance.
Quelqu’un qui, sans vous connaître plus que ça, vous accueille de manière malveillante et méprisante ne peut pas vous détester profondément. Il est impossible de haïr tout simplement, il y a toujours une raison.
Il est plus juste de penser que, comme je l’ai dit un peu plus haut, la personne ne vous comprend pas et cela l’agace. L’être humain est attiré par le mystère et son esprit de conquérant lui ordonne de tout saisir, tout savoir pour s’approprier ce qui l’entoure.
Malheureusement, peu sont ceux qui font l’effort de passer outre les barrières conventionnelles du relationnel et cèdent à la colère. Vous n’y êtes strictement pour rien.
Au lieu de vous offusquer à chaque actions malveillantes à votre égard, apprenez à comprendre la motivation de la personne concernée. Tout d’abord, vous savez que cette personne est agacée par votre singularité et est incapable de s’ouvrir à cette nouveauté. C’est une lacune et non pas un signe de méchanceté.
De plus, quelqu’un qui refuse l’acceptation de quelque chose ressent souvent la peur de ne pas être à la hauteur. Je m’explique : le manque de tolérance provient d’une frustration profonde.
Les gens qui jalousent sont ceux qui envient, sont ceux qui n’ont pas. 
 
Il faut donc considérer chaque acte de jalousie avec une certaine bienveillance. Vous avez ce que l’autre ne connaît pas et n’aura jamais.
Observer ainsi les motivations des actes négatifs tel que la jalousie provoque un état de clairvoyance. C’est avec cet état que la bonne humeur imperturbable pourra perdurer. Il y a plusieurs niveaux de réaction face aux sentiments malveillants :
Ceux qui cèdent : Perte de confiance en soi, idées négatives, mauvaise estime de soi, chance d’être contaminé par la colère d’autrui.
Ceux qui ignorent : Etat de calme lié à un détachement volontaire, n’accorde plus importance à autrui entraînant un replis sur soi.
Ceux qui surpassent : Intéressement à autrui avec bienveillance, réflexion sur l’origine des sentiments négatifs de chacun, dépassement des mauvaises ondes et accomplissement personnel.
Surpasser la négativité d’autrui grâce à un recul entraîne un accomplissement personnel : se protéger soi-même sans céder à la haine de l’autre.

Garder des sentiments bienveillants pour autrui

Ce qui suit nécessite un grand travail sur soi-même. Malgré le fait qu’une personne peut en blesser une autre, il est important pour soi de ne jamais détester. La haine fait plus de mal à son propre esprit qu’à la personne concernée.
Il est meilleur pour son bien-être d’accorder des sentiments bienveillants aux autres, malgré leurs actes qui d’ailleurs ne nuisent qu’à eux même.
Je ne vous apprends pas que la vie est difficile pour tout le monde. Personne n’a pas le même courage pour faire face aux problèmes. C’est l’origine de l’humeur des gens. C’est pour cela qu’il faut, avant de s’affliger de haine, toujours réfléchir à ce que peut vivre l’autre.
Vos problèmes personnels doivent être la source de cette réflexion : pendant des périodes difficiles, il est compliqué de gérer ses émotions et seule la bienveillance peut calmer cet état d’urgence. Imaginez que l’autre souffre toujours plus que vous (vous ne pourrez jamais affirmer ni penser le contraire, la souffrance ne se voit pas toujours dans les comportements) et prenez le recul nécessaire : soyez compatissant et appréciez votre état actuel. Nous sommes peut-être plus chanceux que les autres en ce moment même.
Vous serez surpris de voir qu’en réagissant de manière agréable avec ceux qui refusent de vous connaître, ces derniers ne seront que déstabilisés et une part d’eux-même apprécieront (non sans fierté pudique !) votre caractère bienveillant et votre tolérance. Soyez donc fier de votre amitié accessible.

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« Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. »
– Le Petit Prince, Saint-Exupéry

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

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Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.

Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Mon ressenti

Ce livre m’a plongée dans un univers parallèle qui se trouve entre la réalité et ma propre intériorité. Je partais travailler avec le roman de Delphine de Vigan avec moi et je sentais, comme une sorte d’aimant, la voix de Lucile qui m’appelait et qui m’ordonnait de la comprendre.

La réflexion dans laquelle m’a plongée cette lecture fut composée d’une multitudes d’émotions aussi complexes que la personnalité de Lucile. J’étais sans cesse heurtée contre sa personne et je trouvais, parfois, échos en elle-même. C’est la première fois qu’un livre me fait cet effet là.

Certains lecteurs trouveront ce livre intrusif, bafouant les lois de l’intimité et étalant une fresque familiale scandaleuse qui, retranscrite en roman, devient tout simplement une fiction dans laquelle des êtres mauvais endossent la veste de simples personnages. Mais peut-on juger le but personnel d’un auteur quand celui-ci décide d’écrire ? L’écriture ne s’arrête pas à au divertissement, à la poésie (pourtant il y en a beaucoup dans ce roman), aux témoignages inspirants qui feront du héros une idole… L’écriture peut être aussi salvatrice, comme une main tendue que seul l’auteur peut saisir.

En s’offrant à nue à ses lecteurs, Delphine de Vigan honore sa mère et souligne avec un grand talent l’importance de la vie et du combat. Lucile, cette femme qui nous fait passer par plusieurs émotions, nous tourmente autant qu’elle nous fascine tout au long du livre.

Je ne sais pas quoi dire de plus sur ce livre, je ne peux encore moins dire si il est bon ou mauvais. Il est certain que je l’ai dévoré comme j’ai rarement dévoré un livre, mes nerfs à fleur de peau et ma propre histoire en transparence. Il s’agit d’une histoire vraie et même la photo sur la couverture est authentique. Une fois le livre terminé, j’ai regardé Lucile, jeune et belle pendant quelques minutes, comme-ci à travers la voix de sa propre fille je l’avais connu depuis toujours.


« Lucile est devenue cette femme fragile, d’une beauté singulière, drôle, silencieuse, souvent subversive, qui longtemps s’est tenue au bord du gouffre, sans jamais le quitter tout à fait des yeux, cette femme admirée, désirée, qui suscita les passions, cette femme meurtrie, blessée, humiliée, qui perdit tout en une journée et fit plusieurs séjours en l’hôpital psychiatrique, cette femme inconsolable, coupable à perpétuité, murée dans sa solitude. » 

« Lucile n’aimait pas la foule, le nombre, le monde, les grandes tablées, fuyait les mondanités, se laissait apprivoiser en tête à tête, en petit comité, ou bien au cours d’une promenade, dans le mouvement de la marche. Lucile restait secrète sur ses sentiments, ne livrait jamais le plus intime, réservait à quelques-uns le fond de sa pensée. Elle était ce mélange étrange de timidité maladive et d’affirmation de soi. » 

 

 

L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, Haruki Murakami

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Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort.
À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L’un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu , Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur.
Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés.
Un jour, ils lui ont signifié qu’ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n’en a pas cherché.
Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n’aurait pas encore compris qu’il était mort.
Il est devenu architecte, il dessine des gares.
Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l’intrigue mais elle le sent hors d’atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible.
Vivre sans amour n’est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle.
Après la trilogie 1Q84, une œuvre nostalgique et grave qui fait écho aux premiers titres du maître, La Ballade de l’impossible notamment.

Ma chronique

J’y réfléchis encore… ai-je aimé ce roman, ou bien l’ai-je lu simplement avec plaisir ? J’avais énormément entendu parler de l’auteur et j’ai connu l’immense succès de 1Q84 mais j’ai choisis de commencer par ce roman, plus petit, plus accessible…

Dès le début, j’ai ressenti toute la poésie de l’auteur ainsi qu’un symbolisme omniprésent, cela ne fait pas de doute. Les personnages philosophent beaucoup entre eux et de nombreuses images métaphoriques illustrent les événements. Le problème c’est qu’absolument tout reste symbolique !

Je n’ai pas pu trouver une matière concrète à ce roman dont l’histoire est pourtant simple: du jour au lendemain, Tsukuru se retrouve exclu de son groupe d’amis, sans aucune explication. Je m’attendais donc à une quête initiatique entre la découverte de soi et la résolution de cette énigme. Je pensais que Tsukuru allait parcourir le Japon et plus loin pour chercher des réponses et ainsi percer le secret de sa mystérieuse exclusion…

Hélas, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher avec ce héros. Je l’ai trouvé plat, exagérément modéré et surtout incapable de prendre la moindre décision. Après son rejet, Tsukuru s’enferme en lui-même et reste confiné dans sa zone de confort, métro boulot dodo, s’efforçant à ne pas penser au passé, tout en envisageant la mort.  Il lui a fallu attendre 16 ans pour commencer à se poser des questions et surtout attendre sa rencontre avec Sara pour commencer sérieusement à réfléchir et à agir… Autrement dit, sans cette femme, Tsukuru en serait toujours au même point !

Le mouvement du héros met du temps à venir et m’a hélas déçue. Il tentera de rencontrer de nouveaux ses amis pour tenter d’obtenir une explication mais, hormis « le truc le plus important », je suis restée sur ma faim quant à la raison pour laquelle ce groupe d’amis, autrefois inséparable, a fini par voler en éclats. Je me pose encore beaucoup de questions et de nombreux mystères ne sont hélas pas éclaircis.

D’un autre côté, ce roman nous fait passer par de nombreuses émotions et ne nous laisse pas indifférent. Tsukuru voyage au final beaucoup plus en lui-même qu’à travers le Japon et son fameux pèlerinage reste très introspectif. Entre l’éveil d’une sexualité complexe, de fantasmes refoulés et des questionnements existentiels, le jeune homme fera l’expérience de l’immense nuancier sentimental dont est capable un être humain. Il ne trouvera peut-être pas toute les réponses à ses questions mais s’en sortira grandi, beaucoup vivant et prêt à affronter la vie.

Un petit roman qui se lit en toute poésie mais qui, hélas, ne laisse aucune trace.


6/10

 

 

 

Un peu d’Art #1: La Dame de Shalott, J.W. Waterhouse, 1888

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Huile sur toile, 153 X 200, Londres, Tate Britain

Voici donc pour le premier article de cette catégorie mon tableau préféré. Il s’agit une interprétation d’une légende arthurienne.

Celle-ci raconte qu’au sommet d’une haute tour vivait une jeune femme prisonnière, ayant comme seul loisir la tapisserie. Il lui était formellement interdit de regarder par la fenêtre de la tour, sous peine d’être maudite pour l’éternité. La jeune femme pouvait alors observer le monde qu’à travers le reflet de son miroir…

Un beau jour, le chevalier Lancelot passe au pied de la tour en chantant. La jeune femme l’entend et, tombant éperdument amoureuse de lui, court à sa fenêtre pour l’admirer. Le charme est alors rompu, le miroir se brise en milles éclats et la malédiction s’abat sur elle…

La jeune femme doit alors suivre la rivière, à bord d’une barque, pour trouver une mort certaine à Camelot.


Nous pouvons aisément comprendre que l’artiste a décidé de représenter le moment où la Dame s’apprête à suivre la rivière, prenant place dans la funèbre barque qui la mènera à la mort.

La première chose qui m’a sauté aux yeux quand j’ai admiré pour la première fois ce tableau a été le visage de la Dame. Son expression à la fois résignée et désespérée est absolument passionnante. Elle semble accepter son destin et paraît même être pressée d’y parvenir, mettant un terme à sa souffrance. Son regard est bouleversant, rappelant à la fois la sensibilité de son jeune âge et la puissance universelle des femmes présentes dans les légendes arthuriennes.

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Les bougies au sommet de la barque, rappelant un cortège funèbre, sont presque toutes éteintes, comme-ci le destin était à présent scellé. Seule une dernière chandelle continue à brûler, sa flamme poussée par le vent, vers le chemin de la rivière. Le crucifix positionné à la tête de cette installation représente la vertu de la Dame, lui assurant alors une montée au Ciel.

La chaîne présente dans la main droite de la Dame représente son enfermement passé et sa crainte vis à vis de la mort, comme-ci elle hésitait quelques instants avant de s’éloigner de la rive. Pourtant, je trouve que son emprise est assez faible et que cela prouve probablement qu’elle accède à une certaine liberté avec sérénité.

La Dame est assise sur une tapisserie tissée pendant ses années de captivité, composée de plusieurs scènes de sa propre vie.

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Nous pouvons notamment apercevoir dans le premier cercle la Dame seule, toujours prisonnière de sa tour, puis dans le second cercle nous distinguons des chevaliers, l’un d’eux étant probablement Lancelot.

L’ambiance générale de ce tableau provoque de la mélancolie et une sensation de crépuscule. La végétation semble en repos, la présence de feuilles mortes laisse penser qu’il s’agit de l’automne et les tons sombres de la forêt au troisième plan contrastent avec les couleurs chaudes entourant la Dame. Nous pouvons donc penser que celle-ci vient juste d’entamer son voyage et qu’elle n’a pas encore perdu la chaleur de la vie et de la passion.


Vous l’aurez compris, je trouve énormément de symbolisme dans ce magnifique tableau qui m’évoque à la fois beaucoup de tristesse, de fatalité mais aussi beaucoup de douceur. J’ai été touchée par le visage de la Dame et malgré l’omniprésence de la mort, je ressens principalement de l’apaisement quand j’admire La Dame de Shalott.